Enseignement et multilinguisme

Une affaire de famille : enseignement et multilinguisme de mère en fille….

Convergence de vieux rêves ou hasard de calendrier ? Tina Roessler a décidé de fonder l’Ecole Bilingue au moment où Aries Roessler entreprenait d’écrire son livre « Bilingue à 10 ans! Plaidoyer pour l’immersion précoce », publié à l’Age d’Homme en 2006.

Trilingues toutes les deux (Français-Anglais-Allemand) et passionnées d’enseignement, elles ont chacune apporté leur pierre au développement de la pédagogie multilingue.

Pendant les deux ans précédant l’ouverture de l’Ecole Bilingue qui ont coincidé avec la rédaction du livre, les échanges entre mère et fille ont été nombreux et fructueux. Elles ont ensemble visité plusieurs écoles bilingues en Europe, et longuement réfléchi aux meilleurs moyens d’atteindre un enseignement efficace et des résultats réels.

Le livre d’Aries Roessler se concentre sur les possibilités offertes à l’école pour améliorer de manière substantielle les résultats de l’enseignement des langues et de l’allemand en Suisse en particulier. A la sortie de l’école obligatoire, les élèves sont censés avoir suivi près de 830 périodes d’allemand. Au gymnase (3 ans) s’y rajoutent 360 périodes. Au total, on obtient près de 1200 périodes d’enseignement de l’allemand. Malgré ce nombre phénoménal en comparaison européenne, les « compétences de communication » visées par les programmes restent très médiocres: au baccalauréat, les élèves ne savent pas parler, comprennent peu, lisent avec peine et ne savent pas rédiger correctement.

Ce constat désolant finit par amener Aries Roessler, professeur d’allemand au gymnase pendant 16 ans, à prendre une retraite anticipée et à se mettre en quête de stratégies plus performantes.  Après une présentation du mécanisme biologique d’apprentissage des langues, elle propose la mise en place de l’immersion précoce à l’école primaire. Tout ceci est expliqué dans son livre, que vous trouverez en pdf ICI; un résumé en anglais est disponible ICI. Un des éléments-clefs est l’échange de jeunes enseignants entre les zones linguistiques suisses ou européennes, afin d’introduire la deuxième langue dès le début de l’école primaire.

Tina Roessler, elle, ouvrait à ce moment-là une école privée, l’EBSR, et avait donc toute latitude pour prendre des chemins différents, en introduisant l’immersion précoce en anglais et en augmentant le nombre d’heures enseignées en français et en anglais dans toutes les branches : ceci a permis d’obtenir des résultats qui dépassent largement la « compétence de communication », et qui atteignent un niveau réel en rédaction et en littérature anglophones, et un niveau linguistique Cambridge C1, en parallèle à des résultats très performants en français.

 

Post-Scriptum : Aries Roessler n’a finalement pas pris sa retraite, puisqu’elle enseigne actuellement la langue et la littérature allemandes au niveau natif, et l’histoire et la politique au Collège à l’Ecole Bilingue…